Marion Motin chorégraphe

Marion Motin : la chorégraphe de Stromae, Angèle et Madonna qui a révolutionné la danse française

Vous connaissez son travail par cœur, même si son nom ne vous dit peut-être rien. Le pantin désarticulé de Papaoutai, les corps synchronisés de Tous les mêmes, l'énergie des concerts d'Angèle, les chorégraphies de la tournée mondiale de Madonna : derrière ces images devenues cultes, il y a une seule femme. Marion Motin, partie des battles de rue pour conquérir les plus grandes scènes du monde, est aujourd'hui l'une des chorégraphes les plus influentes de sa génération. Et la bonne nouvelle, c'est qu'elle vient au Colisée de Roubaix en novembre 2026. 

De la rue à la scène

Rien ne destinait Marion Motin à devenir la « chorégraphe des stars ». Née en 1981 à Saint-Lô, en Normandie, elle s'initie d'abord à la danse classique, qui l'ennuie profondément. « Je n'entrais pas dans les codes », confie-t-elle souvent. C'est le hip-hop, découvert dans les années 1990, qui va tout changer. Comme beaucoup de danseurs de sa génération, elle apprend seule, dans la rue, dans les centres commerciaux, lors de battles improvisés. Une école sans professeur ni diplôme, mais d'une exigence absolue.

En 2009, elle fonde les Swaggers, premier crew de danse hip-hop exclusivement féminin en France, qui devient vice-champion de France du concours Hip Hop International. Cette même rage de prouver, cette envie de bousculer les codes d'un milieu très masculin, ne la quittera jamais.

Le tournant Stromae

Tout bascule au début des années 2010. Le directeur artistique de Stromae, qu'elle a croisé sur un plateau télé, lui propose de chorégraphier le clip d'un titre encore inconnu : Papaoutai. Marion Motin sort tout juste de la tournée MDNA de Madonna et n'a qu'une certitude : elle ne veut plus danser derrière un artiste sans raison. Stromae partage exactement cette vision. Pour lui, la danse ne doit jamais être décorative : si elle est là, c'est qu'elle a un sens.

La rencontre fait des étincelles. Papaoutai explose, dépasse les centaines de millions de vues, et impose au passage une gestuelle immédiatement reconnaissable. Suivront Tous les mêmes. En signant ces chorégraphies, Marion Motin ne crée pas seulement des pas de danse : elle invente une grammaire visuelle qui devient indissociable de l'univers de Stromae.

La chorégraphe des stars

Le téléphone ne s'arrête plus de sonner. Elle signe les clips et tournées de Christine and the Queens (Saint Claude, Christine), accompagne Angèle sur scène, travaille avec Dua Lipa, Catherine Ringer, et bien sûr Madonna, pour qui elle avait dansé avant de chorégraphier. La presse la surnomme « la chorégraphe des stars », et le titre lui colle à la peau.

Ce qui frappe, c'est sa capacité à se rendre invisible au service de chaque artiste. Son style ne s'impose pas, il révèle. À chaque collaboration, elle cherche à traduire l'identité musicale et la personnalité de l'interprète en mouvement, plutôt que de plaquer une signature toute faite. C'est sans doute ce qui explique qu'elle ait pu travailler avec des univers aussi différents que la pop belge, l'électro française et la reine de la pop américaine.

Elle marque aussi les grandes scènes du spectacle musical, signant les chorégraphies de la comédie musicale Résiste autour des chansons de France Gall en 2015.

L'artiste derrière la chorégraphe

Mais réduire Marion Motin à ses collaborations serait passer à côté de l'essentiel. Car en parallèle de son travail pour les stars, elle bâtit une œuvre profondément personnelle avec sa propre compagnie. Des pièces saluées par la critique comme In the Middle ou Rouge, où elle déploie un langage chorégraphique bien à elle : instinctif, organique et terrien.

En 2023, elle franchit un cap symbolique en étant invitée à créer pour le Ballet de l'Opéra national de Paris. Sa pièce The Last Call, présentée au Palais Garnier, raconte en cinq tableaux les cinq étapes du deuil, à travers un coup de téléphone qui bouleverse la vie d'un homme. La gamine de Saint-Lô qui dansait dans les centres commerciaux fait désormais danser le corps de ballet le plus prestigieux du monde. Une trajectoire qui dit tout du chemin parcouru, et de ce que la danse hip-hop a conquis avec elle.

Marion Motin au Colisée de Roubaix - le Samedi 21 novembre 2026

Roubaix, place forte de la danse en France, ne pouvait pas passer à côté. Le samedi 21 novembre 2026, Marion Motin pose sa compagnie au Colisée pour une représentation très attendue. L'occasion rare de découvrir, en chair et en mouvement, l'artiste derrière des images qui ont marqué toute une génération. Sur scène, ses danseurs déploient cette énergie sauvage et cette émotion à fleur de peau qui font sa signature, dans ce mélange unique de hip-hop et de contemporain qui a fait sa renommée. Une grande page de danse, à vivre absolument. Réservez vos places.