TOURNAGE DES PETITS MEURTRES D'AGATHA CHRISTIE
C'est en avril que le tournage a eu lieu alors que la programmation du Colisée était arrêtée... Si vous connaissez les lieux, c’est l’occasion de bien regarder les décors et d’y retrouver une cabine...
La danse française n’a pas un seul visage. Elle vit dans les dorures d’un Opéra, s’invente sur des plateaux plus bruts et se réinvente sans cesse entre le classique et le contemporain. Derrière chaque style, il y a une vision, une écriture, une manière unique de faire naître l’émotion.
Rayonnement, longévité, singularité artistique : voici cinq compagnies qui, chacune à leur façon, font de la danse française une référence bien au-delà de nos frontières. Et parmi elles, certaines ont fait et feront étape à Roubaix, une belle manière de rappeler que les grandes histoires de la danse se vivent aussi ici, tout près de nous.
C'est ici que tout commence. Le Junior Ballet de l'Opéra National de Paris n'est pas une compagnie comme les autres : c'est le vivier officiel de la relève, le passage obligé pour qui rêve un jour de fouler la scène de Garnier ou de Bastille. Adossé à l'École de danse de Nanterre, il perpétue avec exigence la tradition académique française, cette rigueur du geste, cette élégance du port, ce souci du détail qui font la singularité de l'école française dans le monde entier.
Mais ce qui rend ce Junior Ballet véritablement unique, c'est son rôle de tremplin direct vers les grades de l'ONP. Quadrille, Coryphée, Sujet, Premier Danseur, Étoile : une hiérarchie qui n'existe nulle part ailleurs, et dont chaque échelon se mérite sur scène, devant un public, sous les yeux d'un jury. C'est dans ce creuset d'excellence que naissent les grandes carrières et que la danse classique française assure, génération après génération, sa propre transmission.
Les étoiles de demain seront sur la scène du Colisée le 9 avril prochain. Une occasion rare de les voir de près, avant que les plus grands théâtres du monde se les arrachent. Réservez vos places dès maintenant.
En 1661, Louis XIV, lui-même danseur, fonde l’Académie royale de danse, à l’origine de ce qui deviendra la plus ancienne compagnie de ballet au monde encore en activité. Plus de trois siècles plus tard, le Ballet de l’Opéra national de Paris reste une référence absolue, une institution qui a traversé les révolutions, les guerres et les modes sans jamais perdre son âme.
Son répertoire est un voyage à travers l’histoire de la danse : des grands classiques du XIXe siècle aux créations les plus contemporaines, la compagnie cultive cet équilibre rare entre transmission et audace. Et puis il y a la hiérarchie, unique au monde. Quadrille, Coryphée, Sujet, Premier Danseur, Étoile : cinq grades qui structurent toute une vie artistique, où chaque promotion se gagne à la sueur d’années de travail, dans l’un des environnements les plus exigeants qui soit.
Danser à l’ONP, c’est porter sur ses épaules trois cents ans d’histoire. Et le faire avec la grâce de rendre ça invisible.
Il y a des chorégraphes qui suivent les courants. Angelin Preljocaj, lui, les crée. Installé à Aix-en-Provence depuis 1996 au sein du Pavillon Noir, écrin architectural signé Rudy Ricciotti. Il a bâti en trois décennies une œuvre à nulle autre pareille, à la croisée du classique et du contemporain, du sacré et du profane, de la rigueur académique et de la liberté formelle.
Son langage chorégraphique puise à toutes les sources : la danse baroque, le hip-hop, la performance, la vidéo. Mais derrière la diversité des formes, il y a toujours une même exigence, celle du sens. Chez Preljocaj, le corps ne décore pas, il raconte. Il interroge, il provoque, il émeut.
Roméo et Juliette, Blanche Neige, Le Parc : ses pièces sont entrées au répertoire des plus grandes scènes internationales, de l’Opéra de Paris au New York City Ballet. Une reconnaissance mondiale pour une compagnie qui, depuis le sud de la France, continue de repousser les frontières de ce que la danse peut dire et faire ressentir.
Il existe des compagnies qui font du bruit. Et il en existe d’autres qui font du silence, un silence habité, tendu, qui dit plus que tous les grands gestes du monde. Le CCN de Caen en Normandie, dirigé par Alban Richard, appartient à cette seconde famille.
Depuis sa prise de direction, Alban Richard impose une vision chorégraphique d’une cohérence rare : exigeante, épurée, profondément musicale. Son travail explore les relations entre le corps et le son, entre le mouvement et la partition, avec une précision qui force l’admiration. Pas de spectaculaire facile, pas d’effet garanti, juste la danse dans ce qu’elle a de plus fondamental et de plus troublant.
Ancré en Normandie, le CCN rayonne bien au-delà de ses frontières régionales. Ses créations tournent sur les grandes scènes nationales et internationales, portant haut une certaine idée de la danse contemporaine française : celle qui pense autant qu’elle danse, et qui ne cherche jamais la facilité quand l’essentiel est en jeu.
Il y a des compagnies qui incarnent une ville autant qu’elles la représentent. Le Ballet National de Marseille est de celles-là. Fondé en 1972, il porte en lui quelque chose de l’âme marseillaise, cette énergie brute, cette ouverture au monde, cette façon de mêler les influences sans jamais se perdre.
Aujourd’hui dirigée par le trio Harel, Brutti et Debrouwer, la compagnie navigue avec une liberté revendiquée entre héritage classique et avant-garde contemporaine. Pas de ligne unique, pas de dogme esthétique, plutôt une curiosité permanente, une volonté de tester les frontières et de surprendre, à chaque nouvelle création, ceux qui pensaient savoir à quoi s’attendre.
Dans un paysage chorégraphique français parfois trop sage, le Ballet National de Marseille fait figure d’électron libre. Une compagnie qui assume ses contradictions, cultive ses paradoxes et c’est précisément ce qui la rend indispensable.