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Que faire à Lille ce week-end du 18 au 20 septembre 2026 ?

Ce week-end, les Journées européennes du patrimoine ouvrent des portes habituellement fermées à double tour. Deux thèmes cette année : le patrimoine en péril et le patrimoine de la photographie, pour le bicentenaire de son invention. Dans la plupart des villes, on visite un château ou une préfecture. Ici, le patrimoine est en brique, il a des cheminées d’usine et des bassins de teinture, et c’est ce qui rend le week-end roubaisien plus intéressant que la moyenne. Une quarantaine de rendez-vous, la quasi-totalité gratuits, et trois jours pour s’y perdre.

Vendredi 18 septembre, on lance le week-end

Le Festival International du Court Métrage

Le festival a démarré la veille et tient onze jours, entre la Gare Saint-Sauveur, L’hybride et le Théâtre Sébastopol. Animation, fiction, documentaire, expérimental : les programmes durent rarement plus d’une heure et demie, ce qui en fait la sortie idéale d’un vendredi soir où l’on ne sait pas quoi faire. Plusieurs séances sont gratuites, et l’on ressort avec la sensation d’avoir vu dix films pour le prix d’un.

La Condition Publique rouvre avec « Au-delà de toutes les mers »

L’ancien entrepôt de conditionnement des laines de Roubaix a rallumé ses lumières depuis quelques jours. Sa nouvelle exposition, conçue avec Le Cube de Rabat, réunit une quinzaine d’artistes marocains, français et internationaux jusqu’au 1er novembre. À voir dès vendredi, d’autant que le lieu sera pris d’assaut le reste du week-end.

La Foire aux manèges, dernière ligne droite

Sur l’esplanade du Champ de Mars, la troisième plus grande fête foraine de France tourne jusqu’au 27 septembre. Plus de 180 attractions, ouverture à 16 h en semaine, et fermeture à 1 h du matin le vendredi. Les manèges à sensations pour les uns, la barbe à papa et le palais du rire pour les autres.

Samedi 19 septembre, on prend la journée

C’est le grand jour des Journées du patrimoine. Un conseil avant de partir : les visites guidées partent en petits groupes et se remplissent vite, mieux vaut regarder le programme officiel la veille et réserver ce qui peut l’être.

L’ancienne Banque de France, ouverte pour la première fois

C’est la nouveauté de l’édition. Le bâtiment, resté fermé au public jusqu’ici, se laisse enfin visiter : son architecture, ses volumes, et l’histoire d’une institution installée au cœur d’une ville qui, à l’époque, brassait des fortunes textiles. Le genre d’ouverture qu’on ne reverra peut-être pas avant longtemps.

La Piscine, deux parcours pour comprendre la ville

Le musée propose des visites guidées d’une heure, en groupes de vingt personnes. « Le régionalisme » part à 13 h 30 et 15 h 15 et déroule l’expression artistique et industrielle du Nord, du textile à la peinture. « Une histoire de Roubaix » part à 14 h 45 et 16 h 30 et raconte les lieux, les bâtiments et les figures de la ville. Deux ateliers sont prévus pour les enfants, l’un sur l’histoire de Roubaix dès 6 ans, l’autre sur le photomontage dès 4 ans, qui tombe pile dans le thème photographique de l’année.

La Condition Publique, de la brique à l’art urbain

Le week-end y est chargé. Visites guidées « De briques et d’art » et « Art urbain », plongée dans les coulisses d’un plateau de spectacle, ateliers de collage et de dessin en perspective en famille, et même des séances de pilates et de yoga dans le bâtiment. Un ancien entrepôt industriel devenu maison de la culture, en plein dans le thème de l’année.

Le parcours « Roubaix, génie textile »

Le fil rouge de l’année. Sept anciennes usines textiles ouvrent leurs portes, et le parcours suit les métiers d’hier et ceux d’aujourd’hui, avec des démonstrations. À faire suivre par les Archives nationales du monde du travail, installées dans l’ancienne filature Motte-Bossut, un vaisseau de brique rouge qui abrite aujourd’hui la mémoire des entreprises françaises. On comprend en trois heures pourquoi cette ville ressemble à ça.

Les lieux qu’on n’attendait pas

La Salle Pharos, ancienne fabrique de bicyclettes en bois devenue équipement sportif, raconte son histoire. Le site Roussel montre comment l’EPICC forme les futurs professionnels de la couture. La Villa Sonneville, demeure bourgeoise de 1926, se visite en compagnie d’un guide et accueille une exposition. Trois adresses qui disent la même chose : à Roubaix, on ne construit pas neuf, on transforme.

Human Space, la ville au casque

Pour ceux qui préfèrent marcher seuls : une balade immersive dans le centre-ville, casque audio sur les oreilles, qui redonne un récit aux bâtiments devant lesquels on passe sans les voir. Une bonne entrée en matière si vous ne connaissez pas encore Roubaix.

Dimanche 20 septembre, on prolonge

Les douches du Paris-Roubaix

Le rendez-vous du dimanche, et l’un des lieux les plus émouvants de la métropole pour peu qu’on aime le vélo. Les cabines de douche du vélodrome, avec les plaques gravées des vainqueurs de la course, se visitent. Rien de spectaculaire, et pourtant l’un des lieux les plus chargés d’histoire du sport mondial.

Dernier jour pour « L’art du motif » à La Piscine

L’exposition consacrée aux dessinateurs textiles et aux imprimés qui finissent sur nos vêtements ferme ses portes ce dimanche. C’est la dernière occasion de la voir, et l’occasion de traîner ensuite autour du bassin Art déco, qui reste la plus belle salle de musée de la région.

Tourcoing ouvre aussi ses portes

À quelques stations de métro, le MUba Eugène Leroy propose des visites d’architecture, des ateliers en famille et une murder party autour de l’histoire du lieu. Le Grand Mix, salle de concert bien connue des amateurs, ouvre exceptionnellement ses coulisses. De quoi prolonger le week-end sans rentrer à Lille.

Le semi-marathon de Marcq-en-Barœul

Trente-sixième édition, avec un parcours de 7 km et un autre de 21 km au départ de l’avenue Foch. Pour ceux qui courent, et pour ceux qui préfèrent applaudir depuis le trottoir avec un café.

Et aussi ce week-end

À Lille, le Village patrimoine s’installe place du Théâtre, avec artisans, associations et passionnés du patrimoine bâti comme immatériel. À Hellemmes, le Technicentre industriel se visite le samedi : ce centre de rénovation de trains tourne depuis 1873, c’est gratuit, sur inscription obligatoire, et les places partent très vite. À la Gare Saint-Sauveur, l’exposition « Traversées » de lille3000 est encore visible jusqu’au 27 septembre. Et si la pluie s’invite, le LaM à Villeneuve-d’Ascq et le Palais des Beaux-Arts restent les valeurs les plus sûres du dimanche après-midi.

Pour aller plus loin

Le programme complet des Journées du patrimoine, avec les horaires et les réservations, est publié par la Ville de Roubaix et par la Métropole européenne de Lille. Pensez à vérifier la veille : certaines visites affichent complet en quelques heures, d’autres ajoutent des créneaux.

Et la saison culturelle redémarre pour de bon. Le Colisée de Roubaix rallume ses lumières le 30 septembre avec Les Fables de la Fontaine, un concert dessiné où le trait d’un dessinateur prend vie en direct sur grand écran. Octobre enchaîne sans respirer, avec Mehdi Djaadi le 7, Pink Martini le 14 pour les 30 ans du groupe, et Carmina Burana les 17 et 18, avec 280 artistes sur scène. Après un week-end passé à visiter des usines reconverties, autant continuer dans un cinéma-dancing de 1927 devenu salle de spectacle.