Roman Doduik dans l’émission des Grosses têtes
Humoriste à l’énergie communicative, Roman Doduik s’impose aujourd’hui comme l’un des visages les plus prometteurs de sa génération. Révélé par les réseaux sociaux, il a...
Ce week-end, les Journées européennes du patrimoine ouvrent des portes habituellement fermées à double tour. Deux thèmes cette année : le patrimoine en péril et le patrimoine de la photographie, pour le bicentenaire de son invention. Dans la plupart des villes, on visite un château ou une préfecture. Ici, le patrimoine est en brique, il a des cheminées d’usine et des bassins de teinture, et c’est ce qui rend le week-end roubaisien plus intéressant que la moyenne. Une quarantaine de rendez-vous, la quasi-totalité gratuits, et trois jours pour s’y perdre.
Le festival a démarré la veille et tient onze jours, entre la Gare Saint-Sauveur, L’hybride et le Théâtre Sébastopol. Animation, fiction, documentaire, expérimental : les programmes durent rarement plus d’une heure et demie, ce qui en fait la sortie idéale d’un vendredi soir où l’on ne sait pas quoi faire. Plusieurs séances sont gratuites, et l’on ressort avec la sensation d’avoir vu dix films pour le prix d’un.
L’ancien entrepôt de conditionnement des laines de Roubaix a rallumé ses lumières depuis quelques jours. Sa nouvelle exposition, conçue avec Le Cube de Rabat, réunit une quinzaine d’artistes marocains, français et internationaux jusqu’au 1er novembre. À voir dès vendredi, d’autant que le lieu sera pris d’assaut le reste du week-end.
Sur l’esplanade du Champ de Mars, la troisième plus grande fête foraine de France tourne jusqu’au 27 septembre. Plus de 180 attractions, ouverture à 16 h en semaine, et fermeture à 1 h du matin le vendredi. Les manèges à sensations pour les uns, la barbe à papa et le palais du rire pour les autres.
C’est le grand jour des Journées du patrimoine. Un conseil avant de partir : les visites guidées partent en petits groupes et se remplissent vite, mieux vaut regarder le programme officiel la veille et réserver ce qui peut l’être.
C’est la nouveauté de l’édition. Le bâtiment, resté fermé au public jusqu’ici, se laisse enfin visiter : son architecture, ses volumes, et l’histoire d’une institution installée au cœur d’une ville qui, à l’époque, brassait des fortunes textiles. Le genre d’ouverture qu’on ne reverra peut-être pas avant longtemps.
Le musée propose des visites guidées d’une heure, en groupes de vingt personnes. « Le régionalisme » part à 13 h 30 et 15 h 15 et déroule l’expression artistique et industrielle du Nord, du textile à la peinture. « Une histoire de Roubaix » part à 14 h 45 et 16 h 30 et raconte les lieux, les bâtiments et les figures de la ville. Deux ateliers sont prévus pour les enfants, l’un sur l’histoire de Roubaix dès 6 ans, l’autre sur le photomontage dès 4 ans, qui tombe pile dans le thème photographique de l’année.
Le week-end y est chargé. Visites guidées « De briques et d’art » et « Art urbain », plongée dans les coulisses d’un plateau de spectacle, ateliers de collage et de dessin en perspective en famille, et même des séances de pilates et de yoga dans le bâtiment. Un ancien entrepôt industriel devenu maison de la culture, en plein dans le thème de l’année.
Le fil rouge de l’année. Sept anciennes usines textiles ouvrent leurs portes, et le parcours suit les métiers d’hier et ceux d’aujourd’hui, avec des démonstrations. À faire suivre par les Archives nationales du monde du travail, installées dans l’ancienne filature Motte-Bossut, un vaisseau de brique rouge qui abrite aujourd’hui la mémoire des entreprises françaises. On comprend en trois heures pourquoi cette ville ressemble à ça.
La Salle Pharos, ancienne fabrique de bicyclettes en bois devenue équipement sportif, raconte son histoire. Le site Roussel montre comment l’EPICC forme les futurs professionnels de la couture. La Villa Sonneville, demeure bourgeoise de 1926, se visite en compagnie d’un guide et accueille une exposition. Trois adresses qui disent la même chose : à Roubaix, on ne construit pas neuf, on transforme.
Pour ceux qui préfèrent marcher seuls : une balade immersive dans le centre-ville, casque audio sur les oreilles, qui redonne un récit aux bâtiments devant lesquels on passe sans les voir. Une bonne entrée en matière si vous ne connaissez pas encore Roubaix.
Le rendez-vous du dimanche, et l’un des lieux les plus émouvants de la métropole pour peu qu’on aime le vélo. Les cabines de douche du vélodrome, avec les plaques gravées des vainqueurs de la course, se visitent. Rien de spectaculaire, et pourtant l’un des lieux les plus chargés d’histoire du sport mondial.
L’exposition consacrée aux dessinateurs textiles et aux imprimés qui finissent sur nos vêtements ferme ses portes ce dimanche. C’est la dernière occasion de la voir, et l’occasion de traîner ensuite autour du bassin Art déco, qui reste la plus belle salle de musée de la région.
À quelques stations de métro, le MUba Eugène Leroy propose des visites d’architecture, des ateliers en famille et une murder party autour de l’histoire du lieu. Le Grand Mix, salle de concert bien connue des amateurs, ouvre exceptionnellement ses coulisses. De quoi prolonger le week-end sans rentrer à Lille.
Trente-sixième édition, avec un parcours de 7 km et un autre de 21 km au départ de l’avenue Foch. Pour ceux qui courent, et pour ceux qui préfèrent applaudir depuis le trottoir avec un café.
À Lille, le Village patrimoine s’installe place du Théâtre, avec artisans, associations et passionnés du patrimoine bâti comme immatériel. À Hellemmes, le Technicentre industriel se visite le samedi : ce centre de rénovation de trains tourne depuis 1873, c’est gratuit, sur inscription obligatoire, et les places partent très vite. À la Gare Saint-Sauveur, l’exposition « Traversées » de lille3000 est encore visible jusqu’au 27 septembre. Et si la pluie s’invite, le LaM à Villeneuve-d’Ascq et le Palais des Beaux-Arts restent les valeurs les plus sûres du dimanche après-midi.
Le programme complet des Journées du patrimoine, avec les horaires et les réservations, est publié par la Ville de Roubaix et par la Métropole européenne de Lille. Pensez à vérifier la veille : certaines visites affichent complet en quelques heures, d’autres ajoutent des créneaux.
Et la saison culturelle redémarre pour de bon. Le Colisée de Roubaix rallume ses lumières le 30 septembre avec Les Fables de la Fontaine, un concert dessiné où le trait d’un dessinateur prend vie en direct sur grand écran. Octobre enchaîne sans respirer, avec Mehdi Djaadi le 7, Pink Martini le 14 pour les 30 ans du groupe, et Carmina Burana les 17 et 18, avec 280 artistes sur scène. Après un week-end passé à visiter des usines reconverties, autant continuer dans un cinéma-dancing de 1927 devenu salle de spectacle.