Elle n'a enregistré que deux albums, et ils ont suffi à changer le cours de la musique. Amy Winehouse, c'est une voix qu'on reconnaît en trois notes, une silhouette rétro devenue iconique, une œuvre minuscule par la taille et immense par l'empreinte. Quinze ans après sa disparition, ceux qui la connaissaient le mieux, les musiciens de son groupe d'origine, remontent sur scène pour faire vivre ses chansons. Prochain arrêt : le Colisée de Roubaix.
Qui était Amy Winehouse ?
Amy Jade Winehouse naît le 14 septembre 1983 à Southgate, dans le nord de Londres, au sein d'une famille juive où la musique est partout. Son père, chauffeur de taxi, pousse la chansonnette comme un crooner de jazz ; plusieurs de ses oncles sont musiciens. La petite Amy grandit avec Dinah Washington, Sarah Vaughan et Frank Sinatra dans les oreilles, et cet héritage ne la quittera jamais. À l'adolescence, elle a déjà cette voix grave et râpeuse, terriblement mûre pour son âge, un timbre de contralto qui semble sortir d'un vieux disque de soul et qu'on ne confond avec aucun autre.
Frank et Back to Black : deux albums, une révolution
En 2003, à tout juste vingt ans, elle sort Frank, un premier album jazzy et insolent qu'elle coécrit en grande partie. La critique adore, le Mercury Prize la remarque, mais rien encore ne laisse deviner ce qui va suivre. Trois ans plus tard arrive Back to Black, et tout bascule.
Avec le producteur Mark Ronson, Amy y ressuscite le son des girl groups des années 1960, les chœurs, les cuivres et les cordes, mais y injecte une écriture crue et intime, sans fard. Le résultat est un disque de rupture amoureuse devenu universel, porté par des titres qui ont fait le tour du monde : Rehab, Back to Black, You Know I'm No Good, Tears Dry on Their Own, sans oublier le Valerie enregistré avec Ronson. Vendu à près de vingt millions d'exemplaires, Back to Black s'installe parmi les albums les plus écoutés de sa génération. En 2008, il vaut à Amy cinq Grammy Awards en une seule soirée, un record pour une artiste britannique.
Une étoile filante
Derrière l'icône, il y a une jeune femme fragile, que la célébrité et ses excès finissent par consumer. Amy Winehouse s'éteint le 23 juillet 2011 à Londres, à seulement vingt-sept ans. Elle rejoint malgré elle le « club des 27 », ces artistes fauchés au même âge, de Jimi Hendrix à Janis Joplin en passant par Kurt Cobain.
Mais réduire Amy à sa fin, ce serait passer à côté de l'essentiel. En deux albums et une poignée d'années, elle a rouvert grand la porte de la soul, inspiré toute une vague de chanteuses venues après elle, d'Adele à Duffy, et laissé une empreinte que le temps n'efface pas. Son beehive, son trait d'eye-liner, sa voix : tout est resté.
The Amy Winehouse Band : le groupe original lui rend hommage
C'est là qu'intervient The Amy Winehouse Band. Ici, pas de reprise par des musiciens anonymes : sur scène, ce sont les instrumentistes qui accompagnaient Amy en tournée et en studio. À leur tête, Dale Davis, son directeur musical et bassiste, resté proche d'elle jusqu'au bout. Autour de lui, les fidèles de ses concerts, et une chanteuse choisie par Davis pour porter ce répertoire sans jamais copier l'originale.
Le groupe déroule les grands titres de Frank, Back to Black et de l'album posthume Lioness, avec le son et les arrangements d'époque. Une célébration plus qu'un hommage figé : la musique d'Amy rejouée par ceux qui l'ont fait vivre à ses côtés. Deux heures pour retrouver ce répertoire à travers les instruments qui l'ont porté, et mesurer à quel point cette voix manque.
The Amy Winehouse Band sera sur la scène du Colisée de Roubaix le jeudi 3 décembre 2026 à 20h. Réservez vos places ici.